Enchaîner, encore et toujours. Jouer, récupérer, recommencer. Composer avec les déplacements, la fatigue, et les corps blessés. En ce mois de janvier infernal, les équations à résoudre pour rester compétitives et accumuler les succès sont complexes pour les Engagées et leur staff. Lancées dans un interminable marathon, dont nous abordions déjà le septième virage en seulement 17 jours, la fatigue se faisait ressentir chez le collectif de Sébastien Mizoule. À l’heure d’affronter Dortmund, il fallait également composer sans FRECON-DEMOUGE, en supplément de l’absence de DEMBELE mais compter sur le retour de ĆOROVIĆ sur la base arrière, et la série de victoires en cours permettant d’engranger toujours plus de confiance. En face, Dortmund voyageait en terres bisontines après une défaite “surprise” face à Siofok, et comptait bien rattraper cette déconvenue face aux Bisontines ce samedi après-midi.

Dès l’entame du match, le supplément de fraicheur allemand se faisait immédiatement ressentir, et Dortmund prenait les devants dans tous les secteurs de jeu. Mises en difficulté par une défense adverse très mobile et perturbatrice, Faure et les siennes ne parvenaient pas à trouver la faille dans la défense allemande. Profitant de la situation, Grijseels et Bleckmann ne se privaient pas pour scorer à cinq reprises, tandis que leurs filets n’avaient toujours pas tremblé. À 0-5 après 5 petites minutes, MIZOULE était déjà obligé de poser son premier temps mort, espérant remettre en forme ses troupes. Mais Dortmund, portée par sa pépite au poste de demi-centre, ne lâchait en aucun cas la pression, et sur un nouveau but de GRIJSEELS, le score affichait 2-10 lorsque les techniciens bisontins devaient poser un second temps mort en à peine un quart d’heure. De façon évidente, les Bisontines n’avaient pas pris la mesure de cette rencontre, et leur réaction se faisait attendre.

Le deuxième temps mort, et la rentrée de ĆOROVIĆ sur le poste d’arrière gauche, remettait la tête des Engagées à l’endroit, et leur permettait de rentrer dans ce match. Sous l’impulsion d’AOUSTIN et ĆOROVIĆ, les Rouges parvenaient enfin à percer le mur allemand, et Zazai fructifiait avec brio (et un brin de malice) les jets de 7M obtenus par ses coéquipières. De l’autre côté du terrain, la défense se montre moins perméable, multipliant les bonnes intentions permettant de repousser les affronts allemands. La réaction bisontine se voulait durable, et grâce à une nouvelle réalisation de ĆOROVIĆ, l’écart au score se réduisait à trois longueurs à dix minutes de la pause. Mais après GRIJSEELS, SPRENGERS prenait la relève dans l’artillerie allemande, et sitôt le but bisontin marquait, la balle se retrouvait au fond des filets bisontins. Il fallait alors compter, en toute fin de période, sur le but de FAURE, conjugué à une parade d’HAUGE, rentrée à la place de LERSTAD, pour que le buzzer sépare les deux formations avec quatre buts d’écart (12-16).

ZAZAÏ profitait alors de la pause pour mobiliser les supporters, et espérait bien profiter du second acte pour poursuivre la folle remontée entamée au quart d’heure de jeu. La base arrière bisontine, composée de MAIROT et d’une ĆOROVIĆ qui monte en puissance depuis quelques matchs, continuait de scorer pour maintenir les leurs au score. Celui-ci se maintenait alors autour des trois buts, puisque, comme au premier acte, un but bisontin était immédiatement suivi d’une réalisation allemande. Incroyablement impeccable ce samedi après-midi, alliant les tirs malices et les lobs, ZAZAÏ régalait le public, tout en continuant de faire espérer l’ensemble de son équipe. En léger manque d’efficacité, les Allemandes peinaient à maintenir leur avance, et voyaient les Bisontines revenir à toute vitesse dans leur rétros. Le public se mettait alors, à son tour, à y croire, et l’ambiance devenait chaleureuse dans des tribunes encore copieusement garnies. À l’approche du dernier quart d’heure, le nouveau but de MAIROT réduisait encore un peu plus l’écart, puisque seuls trois buts séparaient alors les deux équipes.

Le rêve redevenait encore plus atteignable lorsque GRANIER, depuis son aile droite, interceptait une passe de SASAKI et s’en allait tromper la portière allemande. Mais il ne fallait pas sous-estimer la furie adverse… Piquées de voir leurs hôtes revenues à deux longueurs, les protégées de GROENER appuyaient rapidement sur l’accélérateur, et profitaient des faiblesses bisontines, bien accentuées par la fatigue accumulée depuis trop longtemps. BLECKMANN, à distance, trompait alors HAUGE à plusieurs reprises, et sans qu’on ait vraiment eu le temps de le voir, l’écart était remonté à cinq buts à dix minutes du terme. S’il semblait alors compliqué de s’imposer dans cette partie, il convenait surtout de ne pas lâcher, puisque dans cette poule plus que serrée, chaque but pourra compter à l’issue des six journées. ZAZAÏ et MAIROT l’avaient bien compris, MIZOULE aussi. Le coach local posait son dernier temps mort à 12 secondes du terme, et dans la foulée, MAIROT scorait le dernier but de cette partie. Après 60 minutes d’un dur combat, Françaises et Allemandes se quittaient alors avec un écart de trois longueurs (27-30).

La série n’ira donc pas plus loin, et Besançon ne restera pas invaincue plus longtemps en 2023. Après cinq victoires consécutives, les Engagées doivent céder face à une formation allemande parfaitement rentrée dans sa partie, et qui aura su créer l’écart dès le premier quart d’heure. Mais les Rouges auront su, malgré leur déficit de 8 longueurs, ne rien lâcher, se battre, et tout donner pour ne s’incliner que de 3 buts. Jusqu’au bout, elles y auront cru, portées notamment cet après-mid par ZAZAÏ et ĆOROVIĆ, en véritable montée en puissance, et elles n’auront pas compté leur dépense énergétique, dans un contexte de grande fatigue accumulée. Elles confirment alors, comme depuis ce début d’année 2023, le renouveau porté par cette équipe. Un mélange de combativité, de solidarité, d’engagement, régulièrement agrémenté d’une pointe de magie pour faire briller les yeux du public bisontin. Et, au fond, aucun d’entre nous ne doute qu’elles sauront rebondir très rapidement. Et ceci commencera mercredi, avec un déplacement périlleux mais capital du côté de Nantes. Elles pourront, ensuite, et enfin, profiter de quelques jours de repos bien mérités…