Ah, les derbys… Chaque saison, ces matchs si particuliers symbolisent la rivalité entre les deux clubs phares de notre grande région, et dès la sortie des calendriers, les fervents supporters des deux camps cochent cette date bien précieusement, comme un jour à ne pas rater, et une rencontre où la défaite apparaît comme interdite. Pour cette saison 22/23, la première confrontation bourguignon-franc comtoise était fixée ce vendredi, en terre dijonnaise. Au-delà de la rivalité existante depuis toujours, le classement ajoutait du piment à ce derby, puisque les deux équipes affichaient des positions très proches (ESBF 7° / JDA Dijon 9°). Pour défier les Dijonnaises, le duo de technicien Mizoule / Garnier pouvait compter sur le même groupe victorieux que lors de la rencontre face à Mérignac, avant la trêve internationale.

Face à une armada adverse au complet, et comme trop souvent cette saison, les Engagées peinaient à rentrer dans leur rencontre. Très rapidement en place en défense, les Dijonnaises verrouillaient l’accès au but, et les Rouges ne parvenaient pas à tromper la vigilance de Zimmerman. Dès l’entame, le score s’affolait, et les Bisontines n’y étaient pas. Il fallait alors attendre la onzième minute pour voir les Engagées, sous l’initiative de Zazaï, marquer un deuxième but suite à une perte de balle dijonnaise. Les supporters bisontins, venus en nombre à Dijon, pensaient alors que le temps mort posé par coach Mizoule sonnerait le déclic chez les leurs, mais rien n’y faisait. Malgré les changements, tant dans l’effectif que dans la tactique, la mayonnaise ne prenait toujours pas, et grâce à Gravelle et Lonborg, l’écart flambait dans de larges proportions lorsque le buzzer retentissait (17-6, MT). Les Bisontines n’y étaient pas, et ce derby prenait une fâcheuse tournure…

Et si chacun connait la force des Bisontines à se sortir des mauvaises postures, cette soirée n’était vraiment pas comme les autres. Les différentes propositions tactiques, que ce soit en défense 0-6, 3-2-1, ou même en utilisant le jeu sans gardienne, ne permettaient pas aux Rouges de prendre l’ascendant dans cette partie. Portées par Delorme, Gravelle et Di Rocco, les locales continuaient leur cavalier seul, et rien ne semblait pouvoir les arrêter. Il fallait attendre les quinze dernières minutes pour voir Captain’ Robert et les siennes sortir un peu la tête de l’eau, à l’image d’une Zazaï encore bien inspirée par sa technique et sa précision dans la finition. Dans un match à sens unique, l’écart se stabilisait alors autour des 13 longueurs, et le sursaut d’orgueil bisontin ne pouvait plus rien changer à l’issue de cette rencontre. Le panneau d’affichage dijonnais séparait alors les deux équipes avec ce même écart de 13 longueurs (34-21).

C’était donc un jour sans. Un jour de derby, certes, mais que les Bisontines n’ont pas semblé en capacité de maitriser. La vie d’une sportive est ainsi faite, et certains soirs, malgré tous vos essais et tous vos changements, rien ne fonctionne comme vous l’entendez. À n’en pas douter, c’est le sentiment qui prédomine, ce matin, chez l’ensemble des suiveurs bisontins, dont une bonne centaine a su se faire entendre dans le Palais des Sports dijonnais. Si le score n’est pas au rendez-vous, chacun d’entre nous sait la capacité des Rouges à relever la tête, braver les difficultés et reprendre la marche en avant. Il reste alors cinq jours pour Sébastien Mizoule et son staff, Pauline Robert et ses coéquipières pour corriger les erreurs, effacer les lacunes, et préparer dans les meilleures conditions possibles le match face à Brest, prévu mercredi au Palais des Sports. Et croyez-nous, cher public, elles auront plus que jamais besoin de vous !