Il y a des soirs que l’on attend particulièrement, des soirs où l’on rêve de triompher, pour célébrer et profiter, ensemble. Ce samedi soir faisait partie de ceux-là. Ceux qu’on sent arriver avec l’impatience de la bataille, l’appétence de la victoire, et la hargne du combat. Tous les suiveurs bisontins attendaient ainsi, avec hâte, une première victoire à la maison, huit jours après le déplacement et le match nul obtenu à Paris 92. En reprise de confiance, les Engagées s’étaient entrainées dur toute la semaine pour mener à bien leur mission du soir, et offrir du spectacle à un public attendu nombreux. Pour cette deuxième rencontre à la maison, et cette quatrième journée de Ligue Butagaz Energie, les techniciens bisontins pouvaient compter sur les mêmes forces en présence que lors de leur dernière sortie dans la capitale.

Avec un effectif resserré, les visiteuses rentraient dans le match avec le couteau entre les dents, et abordaient les premières minutes de la meilleure des façons. Complètement absentes de leur rencontre, les Bisontines ne pouvaient que subir les assauts adverses, et le manque de réussite dans les choix offensifs creusait un très rapide écart de sept longueurs après huit petites minutes. Mais chacun savait que la donne allait changer. Et il fallait attendre le temps mort posé par Mizoule pour que la révolte se mette en place. L’entrée de Mairot et Cusset apportait l’entraide défensive qui manquait aux leurs, et les multiples réalisations de Zazaï et Faure permettaient aux Rouges de revenir progressivement dans la partie. À l’issue d’un premier quart d’heure surprenant pour les spectateurs présents, le tableau d’affichage se montrait en faveur de Mérignac (6-8).

Mais le public local, venu en nombre ce samedi soir, ne s’y trompait pas, et encourageait le retour de ses protégées. Bien aidée par sa défense, Lerstad verrouillait l’accès à sa cage, et le déploiement du jeu sur montée de balle favorisait la remontée des Engagées. En face, tandis que Leborgne, dans sa cage, stoppait les réalisations adverses, Clément rusait avec malice sur jet franc pour maintenir l’avance à deux unités à dix minutes du terme. Surmotivées, et décidées à gommer leur entame de match ratée, Faure, Ćorović et consorts faisaient briller le collectif bisontin en fin de premier acte pour reprendre les devants à l’approche du buzzer. Sur un dernier but de Deroin, les deux équipes n’étaient alors séparées que par une petite unité (14-13). Bien revenues dans leur partie, les Rouges semblaient alors avoir pris la maitrise de cette rencontre, qu’il convenait alors de concrétiser au cours du deuxième acte…

Bien en vue défensivement en première période, Mairot repartait sur les chapeaux de roues au sortir des vestiaires, et ses trois réalisations au cours des premières minutes permettaient aux siennes de créer un confortable matelas de cinq buts d’avance. Face à une défense agressive et bien en place, les Mérignacaises peinaient à trouver le chemin des filets, butant sur une Lerstad encore efficace ce samedi soir. Si Kieffer et Deen parvenaient à scorer, la base avant bisontine, composée de Cusset, Aoustin et Zazaï, réagissait au coup par coup, et l’écart se portait à six longueurs à vingt minutes du coup de sifflet final. Depuis son aile, Lignieres se montrait pour tenter de maintenir les siennes en vie, si bien qu’avec l’aide de Deen, en réussite elle aussi, elles divisaient leur retard par deux à l’approche du dernier quart d’heure. Si Besançon gardait la tête, tout semblait encore possible dans une partie tout de même très indécise, et pleine de rebondissements (23-20, 45′).

La défense étagée proposée par les visiteuses, privant Faure dans le jeu, continuait de poser quelques difficultés aux Engagées, qui s’appuyaient alors sur Ćorović et Mairot depuis la base arrière pour envoyer la balle au fond des filets. Mendoza tentait bien de sonner la révolte, mais le mal semblait fait. Sur montée de balle, Zazaï et Aoustin, depuis leurs ailes respectives, régalaient les yeux du public bisontin, qui pouvait se préparer à célébrer ce premier succès à domicile. Une fois l’écart porté à sept longueurs, les dés étaient jetés, et en manque de profondeur sur le banc, les Foudroyantes ne disposaient plus de suffisamment de force pour continuer d’embêter les Engagées. Rentrée pour la fin de la partie, Hauge participait aussi aux festivités et se voyait créditée d’un joli 44% d’arrêts. Après deux dernières minutes de réelle cohésion avec le public, Pauline Robert et les siennes pouvaient exulter : le contrat était rempli, et le compteur à domicile s’ouvrait.

Qu’on en convienne, tout n’aura pas été parfait au cours de cette rencontre, et l’entame de match aura fait peur à plus d’un spectateur. Mais une nouvelle fois, les Engagées ont su faire preuve de courage, d’abnégation et de résistance pour rattraper cet écart au score conséquent, et prendre les devants dans cette partie. Les Bisontines ont démontré, devant leur public, leur force de caractère et leur solidarité collective, dont on sait la puissance et l’importance dans leur quête de résultats. Après quatre journées, qui nous ont déjà réservées d’intenses émotions, nul doute que la trêve internationale, pendant laquelle Granier et Nosek rejoignent leurs sélections respectives, permettra de régénérer les organismes, et continuer la progression affichée par les Bisontines. À moins d’un mois du Derby le 14 octobre, enchainé à la réception de Brest le 19, nous avons déjà hâte d’y être…

Crédit photo : @sosuitephotographie – Yoan Jeudy