Un doux parfum printanier soufflait sur le Palais des Sports ce samedi matin. Pendant que le temps était calme, les bénévoles et salariés du club s’activaient déjà pour préparer l’événement de la journée. À trois journées de la fin du championnat, les Engagées recevaient les Abeilles de Bourg de Péage, dans un match qui s’avérait passionnant. Toujours sur une dynamique insolente de huit victoires consécutives en championnat, dont la dernière en date a été acquise à Celles sur Belle vendredi dernier, les Bisontines s’apprêtaient à défier des Péageoises figurant dans les meilleures équipes du championnat, bien que pénalisées par dix-huit points retirés au classement. Comme on en a pris l’habitude, les techniciens bisontins devaient toujours compter sans Frecon-Demouge, Frank, Aoustin et Dembele, blessées. Granier, absente à Celles sur Belle pour raison médicale, faisait son retour dans le groupe. La jeunesse bisontine était encore à l’appel pour une rencontre qui s’annonçait de haut vol.

Poussées par le Kop Vertaco très bruyant en début de rencontre, les visiteuses prenaient le début de partie à leur compte, notamment par une défense imperméable poussant les Bisontines à la faute offensive. Alors que Houette, depuis son aile, enfilait les pions avec aisance, Nosek s’employait de l’extérieur des 9M pour maintenir les siennes au contact. Le changement défensif bisontin, avec la prise en strict de Grandveau, apportait plus d’intensité dans ce secteur de jeu, permettant à Hauge de réaliser ses premières parades de la partie. Mais les Engagées n’y étaient toujours pas de l’autre côté du terrain, et les tentatives rouges ne trouvaient que trop peu souvent le chemin des filets, bien gardées par Depuiset. Mieux entrées dans leur match, les Péageoises viraient donc en tête à l’issue du premier quart d’heure, conservant leurs deux longueurs d’avance rapidement acquises (5-7).

Les minutes passaient et le déroulé du match ne changeait guère. En difficulté offensive, Besançon s’en remettait encore à Nosek pour scorer, tandis qu’en face, Grandveau semblait aimanter les ballons, autant offensivement que défensivement, et maintenait son équipe en tête dans cette partie. Bien aidée par sa défense, Hauge détournait bon nombre des offensives adverses, compensant ainsi l’absence de réussite de son équipe face au but adverse. Il fallait alors attendre les dernières minutes de la première période pour voir les temps morts successifs posés par les deux entraîneurs remettre les Engagées sur le rail offensif. Rosiak puis Robert par deux fois ramenaient alors leur équipe à deux longueurs de leurs adversaires lorsque le buzzer renvoyait les deux collectifs aux vestiaires (10-12). On attendait alors impatiemment la montée en puissance des Bisontines, qui laissaient aux supporters locaux un léger sentiment de frustration à l’issue du premier acte.

Au retour des vestiaires, les Engagées affichaient davantage d’envie et de meilleures ambitions pour gommer l’écart au score. Les premières minutes prenaient toutefois la forme d’un Mano à Mano, pendant lequel la différence se stabilisait autour de deux ou trois longueurs, puisque Mendy et Mangue répondaient aux réalisations de Uno côté bisontin. Mais lorsque Son offrait quatre longueurs d’avance aux siennes, c’en était trop pour les Rouges. Par une forte intensité défensive, elles fermaient alors la boutique, et les récupérations de balle permettaient à Mairot d’égaliser, puis de faire passer son équipe en tête. À l’approche du quart d’heure de jeu, Granier, lancée en contre attaque, en profitait même pour offrir deux buts d’avance à son collectif. En l’espace de sept minutes, et grâce à un méchant 6-0 passées aux Abeilles, les Engagées prenaient donc enfin la tête des débats à l’entame du dernier quart d’heure.

Le Palais des Sports comprenait alors l’importance du moment, et le dernier quart d’heure s’annonçait suffoquant et passionnant, entre deux équipes qui prévoyaient clairement de ne rien lâcher. Faynel incarnait alors la riposte péageoise, et ramenait rapidement les siennes à égalité. Le duel était en place, et nul ne pouvait en deviner l’issue. Dès qu’une équipe prenait la tête, l’autre répondait aussi vite, et les débats étaient toujours aussi serrés à cinq minutes du terme (22-22). Mais Bourg de Péage se montrait plus fort à ce jeu-là. Profitant d’une faute offensive sifflée contre les Bisontines, Houette donnait deux longueurs d’avance aux siennes. Granier, d’une magnifique lucarne, ramenait les siennes à une longueur, puis Hauge offrait une balle d’égalisation à ses coéquipières. Mais le but de Faure se voyait annuler par un temps-mort bisontin, et la dernière tentative de Nosek ne trouvait pas les chemins des filets. Au bout du suspens, Besançon était alors obligé de s’incliner sur la plus petite des marges (23-24, score final).

Comme une grande claque derrière la tête, cette défaite amère vient brutalement stopper la belle série de victoires bisontine, entamée le 9 février. Il aura fallu attendre neuf rencontres pour qu’une autre équipe que Nantes réussisse à faire tomber l’ESBF, qui nous aura tant fait vibrer ces trois derniers mois. Alors oui, on pourra avoir des regrets. On pourra reprocher ici ou là les échecs face au but, les imprécisions, ou les erreurs techniques. On pourra s’énerver de ne pas avoir vu notre équipe prendre le dessus sur cette équipe qui s’affiche en bas du classement de ce championnat. Mais chacun connaissait les capacités des Péageoises, et les Engagées n’ont pu faire autrement que de s’incliner. Alors plutôt que de blâmer cette jeunesse bisontine, qui nous a tant montré tout au long de cette saison, l’heure est davantage à la remobilisation et à l’union, pour reprendre le travail, et continuer de décrocher les sommets jusqu’au 11 juin. Si la déception est grande, le soutien, lui, doit rester et restera total. Allez l’ESBF !