Ce dimanche aurait dû être un jour de fête pour le handball régional, et pour de nombreux supporters et supportrices de l’ESBF. A l’Axone, du côté de Montbéliard, l’Équipe de France, avec Chloé Bouquet dans ses rangs, devait affronter la Croatie, ce dimanche 29 mars, dans le cadre des qualifications à l’Euro 2020. Crise sanitaire liée au Covid-19 oblige, ce match n’aura pas lieu, ou du moins, pas aujourd’hui, mais il nous donne l’occasion de revenir sur le parcours des joueuses bisontines en Équipe de France, au fil des années.

Comme lorsque nous évoquions la Coupe d’Europe, l’année de référence pour l’Équipe de France n’est autre que l’année 2003, couronnée d’un magnifique titre de Championnes du Monde, obtenu le 14 décembre 2003 à l’issue des prolongations face à la Hongrie. Parmi les 16 joueuses de l’effectif, 7 d’entre elles portaient, ou avaient porté les couleurs bisontines. En effet, Valérie Nicolas, Sandrine Mariot-Delerce, Raphaëlle Tervel, Myriame Saïd-Mohamed, Sophie Herbrecht et Véronique Pecqueux-Roland étaient alors bisontines, tandis que Joanne Dudziak, avait gardé les cages bisontines jusqu’en 2001. Il est alors aisé de comprendre la force du club doubiste à cette période, véritable fournisseur de l’Équipe de France : lors de l’année 2003, 6 joueuses réaliseront donc un quintuplé, avec la Coupe de France, la Coupe de la Ligue, la Coupe des Vainqueurs de Coupe, le Championnat de France et les Championnats du Monde. Une belle année, en somme, qui a marqué l’histoire du handball français.

L’Équipe de France après le sacre de 2003 – photo Ligue Féminine de Handball

Pour se donner une idée du poids bisontin au sein de l’Équipe de France, deux chiffres peuvent nous aider. Le premier, 1204, comme le nombre de sélections nationales pour ces 6 joueuses bisontines, soit une moyenne de 200 rencontres par joueuse. Le deuxième, 2257, comme le nombre de buts marqués en sélections par ces mêmes joueuses, dont 870 pour Véronique Pecqueux-Rolland, qui est toujours, 12 ans après sa retraite internationale, meilleure buteuse de l’histoire de l’Équipe de France. C’est dire l’importance de ces joueuses au sein de cette sélection (et du club, bien sûr, mais nous l’avons déjà vu la semaine passée).

Mais il ne faudrait pas oublier les Bisontines qui ont porté nos couleurs françaises avant cette épopée de 2003. On pense alors à Florence Sauval, joueuse de l’ESBF entre 1982 et 1992, puis entraîneuse de 2011 à 2013 et actuelle coach de Saint Amand (D2F), qui totalise 183 sélections et plus de 300 buts sous le maillot tricolore, mais aussi à Marielle et Annick Demouge, qui rejoindront la sélection nationale suite au titre de championnes de France décroché en 1988.

Dans un passé plus proche, plusieurs joueuses passées dans les rangs bisontines ont aussi porté le maillot tricolore, comme Julie Dazet, aujourd’hui à Dijon, ou encore Catherine Gabriel, dont la concurrence avec Roxanne Frank a fait rage cette saison, en vue des Championnats du Monde au Japon. Mais l’effectif actuel des Engagées compte lui aussi des internationales françaises. Certaines l’ont été, comme Alice Lévêque à 19 reprises, ou encore Amanda Kolczynski, médaillée de bronze aux Championnats d’Europe 2016 en Suède, tandis que d’autres le sont actuellement, à l’image de Chloé Bouquet, qui connait sa première sélection en septembre 2019, et qui participe aux Championnats du Monde la même année, Aïssatou Kouyaté, convoquée en Équipe de France A’ ce mois-ci, ou encore Roxanne Frank, sélectionnée pour la première fois lors de ce même rassemblement.

N’oublions pas les 6 joueuses qui avaient été sélectionnées en Équipe de France A et A’ qui auraient du avoir lieu ces derniers jours. En effet, alors que Chloé Bouquet devait rejoindre le collectif A, Karichma Ekoh, Aïssatou Kouyaté, Roxanne Frank et Pauline Robert (pour sa première) avaient prévu de rejoindre le collectif A’. En espérant pour elles que ce ne soit que partie remise, et que l’ESBF continue de briller sous les couleurs de l’Équipe de France.

On pensera aussi fortement à nos jeunes joueuses qui ont également fait briller les couleurs bisontines à l’échelle nationale, dans les différentes sélections jeunes, comme Clarisse Mairot, joueuse du Centre de Formation et très en vue avec l’équipe première cette saison, qui accumule les sélections en Équipe de France jeunes, mais aussi Valentine Pin, d’abord en France Développement puis en France Jeunes. Il convient d’y ajouter Mathilde Roy et Inès Naceur, dont l’équipe a remporté le Festival Olympique de la Jeunesse Européenne, et terminé troisième des Championnats d’Europe, ou encore Juliette Mairot, elle avec l’Équipe de France jeunes de Beach handball. Qui sait, elles seront peut-être citées, à leur tour, dans un article de ce type écrit dans 20 ans, et c’est tout ce qu’on leur souhaite…