Pendant que nous sommes tous confinés, et que le handball est au point mort, l’ESBF se mobilise pour vous offrir différents contenus pour vous aider à faire passer le temps. En cette fin de semaine, on vous propose de revenir sur le parcours européen de l’ESBF, qui a revu le jour il y a maintenant trois saisons, mais qui est fortement marqué par le titre remporté en 2003 par Raphaëlle Tervel, Myriame Saïd Mohamed ou encore Valérie Nicolas.

Avant 1992, et la séparation des sections féminines et masculine de l’ESB, l’équipe féminine participe à 5 éditions de la Coupe d’Europe entre 1984 et 1990, avec trois participations à la C3, la Challenge Cup, une édition de la C2 et une en Ligue des Champions dont on retiendra un parcours jusqu’en huitièmes de finale. S’en suivront 5 saison d’absence européenne, avant un retour sur la scène de 1995 à 2006, marqué par le sacre de l’année 2003, apothéose d’une saison magique.

2003, l’apothéose et la consécration

Comme vous le savez sûrement déjà, la plus belle année de l’histoire du club remonte à 2003, et à ce fameux quadruplé historique. Cette saison, l’ESBF remporte le Championnat, la Coupe de France, la Coupe de la Ligue ainsi que la Coupe des vainqueurs de Coupes. Suite à sa victoire en Coupe de France lors de la saison 2001-2002, les Bisontines se qualifient en effet pour ce qui était, à l’époque, la deuxième Coupe d’Europe derrière la Ligue des Champions.

En seizièmes et en huitièmes de finale, l’ESBF ne tremble pas un instant et s’impose d’abord 85-33 (score cumulé) face aux Chypriotes d’Athienou, puis 59-43 face à Baku (Azerbaïdjan). En quarts de finales, les Bisontines se feront très peur face aux Allemandes du Bayer Leverkusen, avec une très courte victoire 28-27 à l’aller, combinée à un match nul 23-23 qui leur assurent leur place dans le dernier carré de la compétition. Elles retrouvent alors le club hongrois de Gyor, qui commence alors son développement et sa progression pour devenir le meilleur club européen, et décrocher 32 titres depuis 2003. Mais cette saison, rien n’arrête les Bisontines, qui parviennent à se défaire des Hongroises, notamment à une large victoire au match aller (30-18). L’ESBF se qualifie donc en finale de la Coupe d’Europe, et n’est plus qu’à deux rencontres d’un titre historique.

Il faudra alors se défaire des Ukrainiennes du Spartak Kiev, vice-championnes d’Ukraine et treize fois championnes d’Europe dans les années 1970-1980. A n’en pas douter, les plus anciens suiveurs du club se souviendront par coeur de ces rendez-vous, qui continuent, 17 ans après, d’alimenter un grand nombre de discussions les soirs de matchs. Une finale qui “a marqué le club”, comme le disait Véronique Pecqueux-Rolland à nos amis de l’Est Républicain, qui parle de “moments magiques”.

Vous l’aurez compris, l’ESBF s’impose donc dans cette finale face aux Ukrainiennes. Après s’être inclinées de 3 longueurs au match aller, les Bisontines renversent les Ukrainiennes le 18 mai 2003, dans un match de folie qu’aucun des spectateurs présents au Palais des Sports, comble ce jour-là, n’a oublié aujourd’hui. L’ESBF remporte ainsi la Coupe des Vainqueurs de Coupes, et clôture cette saison 2002-2003 sur un magnifique quadruplé, historique.

Les joueuses de l’ESBF après la victoire en 2003 – photo France 3 Franche Comté

2004 – 2017, se reconstruire après la chute

Après cette saison de liesse, les lendemains seront nettement plus compliqués, tant sur la scène européenne qu’à l’échelle nationale. Qualifiées en Coupe d’Europe jusqu’en 2006, et notamment en Ligue des Champions en 2003-2004, les Bisontines ne parviendront pas à réitérer ce beau parcours, et ne parviendront pas à passer le stade des quarts de finale au cours des quatre saisons.

La relégation, pour raisons financières, en 2006 mettra fin à 11 campagnes européennes consécutives, et plongeront le club dans de nombreuses années de reconstructions. En 2015, sous la houlette de Camille Comte et Raphaëlle Tervel, l’ESBF retrouve la première division française. A l’intersaison, cette dernière reprendra alors les commandes de l’équipe, accompagnée de Sandrine Mairot-Delerce. Le groupe bisontin ne passera pas loin de la qualification en Coupe d’Europe, mais est finalement éliminé par l’OGC Nice en quart de finales des play-offs, au terme d’un match retour assez improbable.

2017, c’est reparti !

Suite à cet “échec”, l’objectif est alors clair : être européen à l’issue de la saison 2016/2017. Pour cela, il faut s’imposer en quart de finales des play-offs, et terminer dans les quatre meilleures équipes de LFH. Objectif rempli, donc, puisque l’ESBF terminera la saison à la quatrième place, synonyme de qualification en Coupe EHF.

Le 21 octobre, sept ans et demi après la dernière rencontre des Bisontines en Coupe d’Europe, le Palais des Sports retrouve donc l’effervescence européenne, avec la réception de Silkeborg pour le deuxième tour de qualification. Après une courte défaite au Danemark (27-26), les Bisontines s’imposent au retour, devant 3000 supporters chauffés à blanc, et poursuivent l’aventure des qualifications. Cependant, c’est un mur qui se présentera face à elles. Le club de Lada Togliati, club de référence en Russie, ne laisse aucune chance aux Bisontines, qui s’inclinent dans les largeurs à l’aller comme au retour. Le parcours s’arrête donc aux portes de la phase de poules, mais Raphaëlle Tervel et le groupe bisontin tireront de nombreux enseignements de ces rencontres, qui leur serviront pour les prochains épisodes. Le rendez-vous est donc pris, pour la saison 2018-2019…

La joie des Bisontines après la qualification en troisième tour de qualifications – Photo France Bleu Besançon

2018-2019, bonjour les poules

La qualification est acquise pour cette même coupe EHF, grâce à une troisième place à l’issue du championnat de LFH. Après une élimination aux portes de la phase de poules la saison précédente, les Bisontines ont à coeur de participer à la suite de cette compétition, et donc de remporter les tours précédents. Pour cela, les Rouges mettront donc tous les ingrédients nécessaires pour battre Fredrikstad au deuxième tour, puis les Polonaises de Lublin au troisième tour. Années après années, les Bisontines avancent un peu plus en Coupe d’Europe, et découvriront alors les poules.

Le tirage au sort offrira de grandes rencontres aux coéquipières d’Alice Lévèque, qui héritent de Kuban Krasnodar (Russie) et leur célèbre coach Ievgueny Trefilov, Viborg (Danemark) et Larvik (Norvège). Les Bisontines ne remporteront qu’une victoire face à Larvik lors des quatre premières journées, et se déplacent en Russie au bord de l’élimination. Il faudra alors deux exploits face à Kuban et Viborg pour se qualifier en quarts de finale. Le premier objectif sera rempli, puisqu’elles reviendront victorieuses de leur déplacement russe. Malheureusement, au terme d’un nouveau match de très haut niveau au Palais des Sports, et devant un public qui avait répondu très largement présent, les Rouges s’inclinent et mettent un terme à leur aventure européenne, à l’issue d’un parcours tout à fait honorable.

2019-2020, très proche de l’exploit

La suite, vous la connaissez, puisqu’elle appartient au passé très proche. Cinquièmes du classement en 2019, l’ESBF obtient une Wild Card, invitation de l’EHF, et participe donc aux qualifications pour l’EHF Cup avec une entrée au premier tour. Les Portugaises de Colegio de Gaia, opposées aux Bisontines pour ce premier tour, ne les embêteront pas un seul instant, et une large victoire 79-32 (score cumulé) permet aux Rouges de poursuivre l’aventure, face aux Norvégiennes de Fredrikstad.

Un match aller en Norvège assez mal négocié, avec une victoire 27-29 laisse la pleine place au doute avant le match retour, prévu au Palais des Sports. Une nouvelle victoire par deux buts d’écart leur permet tout de même de poursuivre l’aventure, et donc de disputer le troisième tour de qualification. Il n’y a alors plus que deux matchs avant d’accéder aux phases de poules. Cependant, le tirage au sort sonne comme un coup de massue dans les rangs bisontines : l’ESBF écope du club d’Odense, demi-finaliste de la Ligue des Champions 2019.

Pour beaucoup, les jeux sont déjà fait, et il faut s’attendre à deux larges défaites bisontines. Mais pas pour les Engagées, qui entendent bien défendre crânement leurs chances, faisant fi des prétendus écarts sportifs et financiers sur le papier. Au terme d’une énorme prestation au match aller, les Bisontines ne s’inclinent que de deux longueurs, et s’offrent tout le droit d’y croire avant le match retour au Palais des Sports, la semaine suivant. L’union sacrée est alors déclarée au sein du club, et tout le monde se mobilise pour préparer au mieux ce rendez-vous. Malheureusement, malgré une nouvelle belle prestation, les Bisontines seront sorties par les Hongroises, et quittent alors la Coupe d’Europe aux portes de la phase de poules.

Espérons alors que tous ces sentiments, si unique et magiques, reprennent leur place au Palais des Sports la saison prochaine. Mais à l’heure actuelle, bien malin serait celui qui connaîtrait l’issue du championnat, mis à mal par la crise du Coronavirus. Alors en attendant, on se ressasse tous ces bons souvenirs, en n’oubliant pas la règle principale : RESTER CHEZ NOUS !