Du rêve pour les spectateurs toujours aussi nombreux et fervents qui avaient investi le Palais, mais aussi pour les jeunes joueuses en train de découvrir l'éclat qui accompagne ce genre d'événement. Une heure après le match, Charlotte encore submergée par l'émotion ne pouvait que répéter : « C'est magique ! C'est …, je ne sais pas comment dire ! » Même les joutes au niveau national ne préparent pas à ce genre d'événement : plus de 2000 voix scandant de leur clameur chaque arrêt avant la standing ovation pour toute l'équipe à l'occasion de la dernière réussite.
Marine : « Je n'ai joué que 30 secondes et malgré ça, cela a été extraordinaire.» A travers ces quelques mots transparaît ce qui a marqué la rencontre : cette équipe, soudée, collective, aux actions marquées par l'abnégation « une pour sept, sept pour une » a une âme. On le savait déjà, il n'y a plus de doute.
Et de la solidarité, il en a fallu lorsqu'à un quart d'heure de la fin Ana Pavlovic sonnait la révolte des Serbes. Menées de 7 buts, en 10 minutes elles revenaient à 1 longueur, en imposant un jeu physique, aux impacts très rudes. Les ombres des deux derniers matches du championnat perdus dans les dernières secondes après la course en tête auraient pu paralyser les joueuses. Il n'en a rien été et il revenait à Aurélie de mettre définitivement à l'abri l'ESBF.
Jusque là, la partie s'était plutôt bien déroulée. Ayant « à cœur de montrer un autre visage que lors du match aller », les joueuses avaient travaillé la vidéo et s'étaient remises en question pour corriger leurs erreurs pour attaquer le match dans de meilleures dispositions.
Après un premier quart d'heure où les deux équipes se partageaient l'avantage au goal average, les Bisontines conquérantes prenaient peu à peu l'ascendant en s'appuyant sur leurs forces : cadenasser totalement la zone par une défense solidaire, user de montées de balles rapides en contre attaques rapides et pousser les adversaires à la faute, provoquant 9 penalties. Finalement, Milos pliait en début de seconde mi-temps et Besançon s'envolait jusqu'à ce dernier quart d'heure, où les Bisontines manifestaient qualités de cœur, solidarité exemplaire et une maturité étonnante pour ce groupe d'une moyenne d'âge de 21 ans.
La loi du genre veut que soit élue la meilleure joueuse du match, et à ce petit jeu, c'est Nabila qui s'est emparée du titre de « Miss Palais » (juste avant de s'envoler pour la CAN où nous lui souhaitons un autre titre), mais c'est tout l'équipe qui mériterait ce titre. Une équipe qui a fait un peu mentir le tire de notre quotidien régional (3 février) : « La parenthèse enchantée ». Elle a été peut être ouverte mais les filles n'ont pas du tout donné l'impression de vouloir la refermer.
Nous non plus !